Stephane Kerlock et Stephan Clout : alliance d'experts led

Stephane Kerlock et Stephan Clout : alliance d'experts led

lundi, 23 janvier 2012 14:09

Ils travaillent sur une led adaptée aux critères de Gilles Rousseau directeur de Lumex Cinéma. L'occasion d'évoquer la led sous toutes les coutures : coût, recyclage, perspectives, etc.

A - Les vidéos (Retranscriptions texte disponibles en bas de page)

Vidéo 1 - Intro Stephane Kerloch, gérant de la société d’éclairage Lumila

Vidéo 2 - Intro Stephan Clout, gérant des sociétés d’éclairage Secante et Soka

Vidéo 3 - Quelle incidence des led sur les moyens de production

Vidéo 4 - Place de la led dans l'audiovisuel

Vidéo 5 - En quoi la led peut-elle être écologique ?

Vidéo 6 - avantages de la led

Vidéo 7 - Coût de la led

B - Transcription texte des 7 vidéos


Vidéo 1 - Intro Stephane Kerloch, gérant de la société d’éclairage Lumila

Nous sommes assez experts dans la connaissance des puces led et de leurs possibilités, ainsi que dans les domaines de la thermique et l’électronique. Nous développons des solutions Led. On travaille avec des sociétés comme Secante qui ont beaucoup d’expérience sur l’éclairagisme et qui, elles, intègrent les puces dans des produits finis.

Vous avez des projets en rapport avec l’industrie de l’audiovisuel ?
On a eu la volonté d’aller explorer le milieu de l’audiovisuel et pour ce faire nous avons rencontré Lumex qui fournit beaucoup d’éclairages sur des plateaux télé et dans l’évènementiel. Le but était de comprendre quels sont les besoins de ce milieu afin de pouvoir proposer des solutions pour y répondre. J’ai rencontré Gilles Rousseau, président de Lumex et il m’a décrit le produit qu’il rêverait de trouver sur le marché à led.  Nous avons pris son cahier des charges et nous sommes en train de développer un projecteur led qui est ici, mais qui n’est pas finalisé. Par exemple il faudrait qu’en éclairage on puisse proposer un projecteur de 10 000 lumen, qu’on puisse adapter tous les angles d’ouverture possibles très facilement, passer de 6° à 15° ou 100°, gérer les températures de couleurs, entre le blanc chaud et le blanc froid, un très bon IRC, un bon rendu des couleurs, léger, robuste, qui consomme très peu. Aujourd’hui on remplit 75% du cahier des charges, la plus grosse difficulté reste la gestion des angles qui pourrait être automatisé. Aujourd’hui il faut adapter une lentille donc cela implique de démonter le produit de la structure et d’avoir la lentille avec soi. Alors qu’avec un peu d’automatisation, de motorisation on pourrait très bien faire de la dynamique aussi sur les angles.

A quoi va servir ce projecteur ?
C’est pour faire de l’éclairage général de plateau, théâtre, mais il peut  aussi permettre de remplacer une découpe avec des angles beaucoup plus serrés et faire de la variation d’éclairage plus facilement.

Vidéo 2 - Intro Stephan Clout, gérant des sociétés d’éclairage Secante et Soka

Vous faites du sur-mesure ?
Oui. On vient adapter la source aux besoins. Dernièrement nous avons réalisé l’éclairage du Panthéon, des fresques en particulier et c’est vrai que la led permet de s’adapter aux contraintes plus facilement. Par exemple pour le Panthéon, un éclairage classique n’était pas esthétique, cela ressemblait à des caméras positionnées partout. Avec des lentilles à 6°, 12 points led intégrés dans les luminaires sur-mesure, nous avons trouvé une solution. On a des possibilités que l’on n’avait pas avant avec d’autres sources car elle est très petite.
Avant, courber un tube fluo n’était pas possible, alors que là avec un "flex" ou en intégrant des points led dans une structure métallique, on s’adapte à n’importe quelle structure. Cela va être de plus en plus utilisé aussi en cinéma car la led présente une souplesse et une dynamique jamais atteinte. Ce qui est difficile actuellement c’est de dire qu’elle n’est pas forcément souhaitable partout, il faut continuer à utiliser les autres sources.

Vous pensez qu’elle s’intégrera dans l’audiovisuel ?
Bien sûr car elle très intéressante : elle a des possibilités de gradation et d’allumage instantané que l’on n'a pas avec des luminaires à décharge ou avec la fluorescence. La led non seulement a un flux constant mais aussi une réactivité exceptionnelle. Ce qui est intéressant pour tous les domaines.

Vidéo 3 - Quelle incidence des led sur les moyens de production

Quelle peut être l’incidence de la led sur les moyens de production ?
Sur les caméras et systèmes portatifs, il y a des avantages : d’abord l’autonomie du fait de la consommation réduite des led. Une pile lit-hion permet d’alimenter pendant 5 heures un projecteur de caméra. Après il y a la robustesse des produits led, c’est quasi incassable ; le poids aussi : les systèmes à led sont plus légers. On ne va pas révolutionner toute la caméra, mais on peut passer d’une technologie à l’autre, c’est encore un avantage, en gardant le même matériel.
Stephan Clout : J'ajouterais une plus grande souplesse sur les écarts de température et une résistance plus importante car on n’a plus de filament contrairement aux petites lampes halogènes qui sont sur les caméras. On est gagnant en terme de puissance et on est gagnant en terme d’autonomie, c’est plus intéressant que l’halogène.
Stéphane Kerloch : Aujourd’hui il y a même des projets en cours pour que sur un même projecteur on puisse mixer les blancs et faire de la couleur.

Vidéo 4 - Place de la led dans l'audiovisuel

Quelle articulation est possible avec les autres types d’éclairage dans l’audiovisuel ?
Stephan Clout : Aujourd’hui c’est encore un peu difficile d’utiliser la led dans l’audiovisuel, pour des questions de puissance et de répartition de l’éclairage. Le souci du point led c’est l’intensité qui émane du point, il faut donc utiliser des lentilles pour retrouver une répartition de la lumière. On peut les utiliser sur du décoratif ponctuel car ça donne une intensité intéressante. Mais en France sur les plateaux on reste sur des lampes à décharge et de la fluorescence gérée par de l’électronique. Les led sont réservées à la partie décorative : avec de la trichromie, du RGB. Pour le plateau lui même on utilise actuellement du HMI avec des films bleus pour varier sur les couleurs, ce que la led sera capable de faire dans quelques années avec de l’électronique. De toute façon il y aura des mixes de technologies car selon l’utilisation il est agréable d’avoir des sources différentes qui offrent des qualités de lumière différentes.
Stéphane Kerloch : Pour moi on est au démarrage. Même si la pénétration n’est pas très importante aujourd’hui les demandes sont quasi systématiques. On se renseigne pour savoir ce qu’on peut faire en led. Pour l’instant, ce n’est pas encore prêt, mais vu les promesses des grands fabricants, je pense que la LED va prendre une grosse part de marché : d’ici 5 ans, ça représentera plus de 50% de l’éclairage.

Vidéo 5 - En quoi la led peut-elle être écologique ?

En quoi sont-elles plus écologiques ?
Stéphane Kerloch : C’est le produit qui a la plus grande efficacité énergétique aujourd’hui. Ensuite, si l’on compare une lampe fluo et une led, à la fabrication, elles ont le même impact environnemental. Par contre pendant le cycle de vie, la led  qui consomme deux fois moins, a un impact environnemental deux fois inférieur. Ensuite au recyclage, même si l'on élimine à défaut de recycler, on n’élimine des métaux rares, pas des substances toxiques.
La période dont l’emprunte est la plus loure reste l’utilisation, donc la led est forcément plus écologique.

Comment se recyclent les LED ?
On ne recycle pas les led. C’est un produit électronique donc elle suit une filière identifiée. Mais on l’élimine, on ne la recycle pas.  La led ne contient pas de substances toxiques mais des métaux rares : galium, indium. Pourtant une led pourrait potentiellement être recyclée en totalité. On ne le fait pas probablement à cause du coût et surtout pour des raisons techniques : il faudrait dès la conception prévoir des produits qui se séparent facilement.  Ce n’est pas le cas aujourd’hui. Du coup on jette les ampoules led au même endroit que les fluos. Je pense que ça va évoluer, mais pour l’instant ça ne se recycle pas.

Vidéo 6 - avantages de la led

Quels sont les avantages de la LED ?
Stéphane Kerloch : Le plus important ce sont les économies d’énergie réalisées. C’est la source lumineuse qui a la plus grande efficacité énergétique sur le marché disponible. Pour le cinéma, les avantages sont les facilités d’adaptation, les possibilités de gradation, la gestion dynamique d’éclairage, la couleur, les variations blanc chaud/blanc froid, sa robustesse, le fait qu’elle ne dégage pas de chaleur. La chaleur peut être dissipée facilement car la led n’émet pas dans l’infrarouge donc il n’y a pas d’énergie envoyée par la source lumineuse qui fait chauffer, la deuxième raison c’est que pour avoir 1000 lumen on n’utilise que 10 watt.  Mais elle reste limitée en terme de grosse puissance.

On lui faisait plusieurs reproches, qu’en est-il aujourd’hui ?
Les reproches qu’on lui faisait en terme de rendu lumineux insuffisant et d’efficacité lumineuse, aujourd’hui ne sont plus vrais. Ces points ont progressé assez pour proposer des produits tout à fait fiables et qui ont des rendus lumineux au moins équivalents voire supérieurs aux anciennes technologies.
Stephan Clout : On a dépassé beaucoup d’autres sources en terme de qualité de lumière et de puissance émise par un watt consommé et on est dans des niveaux qui permettent de l’utiliser dans beaucoup d’autres domaines.
Stéphane Kerloch : Aujourd’hui y a des systèmes led qui sortent à 135 lumen par watt pour la source, en ajoutant l’électronique de gestion avant on arrive 100 lumen par watt mais ça date d’il y a un an. Le produit arrive et se développe beaucoup plus vite que les autres technologies.
Stephan Clout : Il y a une progression constante. Les limites qui sont données sont différentes selon les gros fabricants mondiaux. On parle de 240 lumen sur certaines marques, d’autres annoncent jusqu’à 600 lumen watt pour 2020 ce qui est hallucinant en terme de quantité de lumière qui peut sortir d’un watt. Tant qu’on ne sera pas stabilisé sur tout ça ce sera compliqué. On avait l’habitude de travailler dans l’éclairage avec les produits comme la iodure métallique, la fluorescence, un peu l’incandescence. Pour la gradation on pouvait travailler un peu sur l’halogène, la fluorescence, mais pas sur la iodure métallique. On maitrisait bien ces standards. Là on est capable de faire de la gradation à tous les niveaux avec la Led, donc c’est intéressant mais l’évolution est telle sur la Led qu’on ne peut pas encore la généraliser.

Vidéo 7 - Coût de la led

Combien coûte la LED ?
Stéphane Kerloch : Pour un luminaire led fonctionnel, sans design, il faut multiplier le coût d’investissement par dix.
Stephan Clout : Mais normalement on le retrouve sur ce qu’on va consommer en énergie : sur dix ans on consommera moins qu’avec de la iodure, des fluos ou des HMI
Stéphane Kerloch : Effectivement dans un entrepôt qui tourne 24h/24h on peut retrouver un retour sur investissement dans l’année. Sur des utilisations très courtes, le retour sur investissement peut s’étaler jusqu’à 5 ans.
Stephan Clout : Et l’intérêt de la led c’est le pilotage par cellule et l’allumage instantané. Avec un système de cellules,  on peut avoir exactement le niveau d’éclairement dont on a besoin. Par exemple à 3 heures du matin dans un entrepôt de 10 000 m2 ça ne sert à rien d’éclairer tout l’entrepôt. Par contre si un Fenich (chariot) se déplace, ça va éclairer les zones sur lesquelles il se déplace et cette gestion se fait avec un pilotage électronique et est plus facile avec la led qu’avec la fluorescence

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