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Extraits vidéo de l'AFCI Cinéposium 2011 : les Commissions du Film passent au vert

Ecoprod participait au rendez-vous international des Commissions du Films : extraits vidéos des interventions et témoignages. Comme nous vous l'avions signalé en septembre, l’AFCI Cinéposium s'est tenue pour la première fois en France. Thème de l'année : « Strategic Futures » : les Commissions du Film face aux nouveaux enjeux du cinéma et de l’audiovisuel ».

L'AFCI (Association of Film Commissioners International) est une association internationale regroupant 350 Commissions du Film représentants 50 pays répartis sur les 5 Continents. Cet article est consacré à l'atelier conférence "Making difference with green initiatives" consacré aux initiatives vertes comme critère différenciateur.

Liste et titre des intervenants cités

Harvey Edgington : The National Trust, consultant "vert" Film London
Kevin Jennings: directeur exécutif, nouvelle-Zélande membre AFCI
Catherine Puiseux : (coordinatrice rse ,TF1) qui représentait le collectif Ecoprod
Serge Siritzky (modérateur) : Directeur de la rédaction Ecran Total
Yalun Wang : responsable Europe, commission du film de Taïwan

Extraits vidéos de la conférence

Nous avons sélectionné trois extraits vidéos significatifs
(les propos en anglais sont traduits par une voix-off)

  • Vidéo 1 : extrait de la conférence

  • Vidéo 2 : interview de Yalun Wang

  • La responsable Europe, commission du film de Taïwan résume sa démarche et les projets à venir.

  • Vidéo 3 : intervention de Catherine Puiseux sur la démarche ecoprod

  • Catherine Puiseux (coordinatrice rse ,TF1) parle au nom du collectif Ecoprod : bref bilan et perspectives

    Retranscription texte des 3 vidéos

    (vidéo 1) EXTRAITS DE LA CONFERENCE - retranscription texte

    1.1 Introduction : trois interviews synthèse

    Catherine Puiseux : « De Vancouver à la Nouvelle-Zélande il y a énormément de choses qui sont en route, on voit bien qu’on a commencé tous il y a quelques années, quatre ou cinq ans et que l’on est tous en train de construire des choses. Ces rencontres sont une excellente occasion de se mettre « raccord », même si finalement nous ne sommes pas différents non plus dans nos approches. Nous avons fait les mêmes constats par ailleurs, le principal constat est qu’il faut donner aux professionnels sur le terrain les moyens de faire car personne ne fera mieux qu’eux. »

    Kevin Jennings : « Moi ce que je retiens, c’est à quel point il y a une volonté dans l’industrie audiovisuelle de faire en sorte que ça marche. Partout dans le monde les gens s’intéressent à ce que l’on a fait et réfléchissent à la manière de s’en servir ou de le reproduire dans leur pays. »

    Et quelle est la prochaine étape pour vous ?

    Kevin Jennings : « La prochaine étape c’est d’échanger encore plus d’informations avec les personnes présentes ici. Comme les gens savent maintenant que je suis intéressé par ce sujet, ils vont probablement me demander de partager les études que nous avons réalisées. On continue aussi en Nouvelle-Zélande à inciter les productions à faire comme nous, on a d’ailleurs un guide dans chaque région.

    Moi je voudrais en fait que l’on soit les premiers, les leaders pour ce qui est de la production verte, l’idée est que, quel que soit l’endroit où l’on se trouve en Nouvelle-Zélande, on puisse trouver un mode de production durable. Nous avons déjà une bonne réputation dans le domaine du développement durable, et le secteur de l‘industrie audiovisuelle est un moyen de montrer, de prouver que l’on va toujours plus loin dans cette direction. »

    Qu’avez vous retenu de cette conférence ?

    Yalun Wang : « Comme nous avons tous une expérience très différente, c’est très intéressant. Ce que j’ai retenu de Nouvelle-Zélande, c’est qu’on peut partager les décors ou les matériels de production avec la population locale pour ne pas avoir à jeter ou à transporter. Par exemple on peut partager avec les écoles. Ça c’est quelque chose que l’on fait mais pas de manière systématique. La deuxième chose, Catherine en a parlé, c’est de faire appel à un « consultant vert », quelqu’un qui a vraiment l’expérience et le savoir, le crédit aussi de faire cela. Nous, nous le faisons seulement en amateur. Je voudrais pousser plus loin, essayer de convaincre ma commission d’allouer un budget pour engager quelqu’un qui aurait un regard écologique sur tous les tournages importants. Ce sont les deux choses concrètes que l’on peut mettre en place tout de suite. C’est vraiment la leçon directe de cet échange. »

    Quelle est la prochaine étape pour vous ?

    Yalun Wang : « Ma commission va aider à construire un studio vert, écologique. Cela concerne la lumière, le transport, la gestion d’eau, d’énergie, c’est pour cela qu’on a besoin des expériences des autres commissions. Le projet est prévu pour fin 2013. Le deuxième projet c’est de reproduire ce que l’on a déjà fait, c’est-à-dire restaurer un bâtiment pour en faire un studio en centre ville. »

    Catherine Puiseux : « Pour nous la prochaine étape c’est de trouver, au delà des productions qui ont bien voulu héberger nos consultants, une production plus importante. Aujourd’hui nous ne sommes pas passés au stade de le la production lourde sur laquelle on pourrait travailler sur les effets spéciaux, sur un parc de véhicules plus importants. L’idée est de monter un peu en puissance en dispensant nos conseils et en apprenant nous mêmes sur une grosse production. Donc il nous manque un producteur engagé pour qu’on puisse mettre sa production sous notre microscope. »

    1.2 Extraits de la conférence

    Serge Siritzky

    « Merci beaucoup, cet après midi nous allons parler de sujets importants. Nous savons tous qu’il va falloir changer la manière dont nous vivons et nous produisons et le but de cette rencontre est que des gens du monde entier puissent partager leurs expériences. Vous allez apprendre à partir des expériences qu’ils vont vous présenter.

    Harvey Edgington

    « Des études récentes de Film London estiment que la production audiovisuelle représente environ 125000 tonnes de carbone par an, ce qui équivaut à la consommation de 24 000 foyers, soit la taille d’une petite ville. Nous proposons des choses très simples : ne réimprimez pas le scripte à chaque fois que vous changez une ligne, imprimez les feuilles des deux côtés et faites en sorte que les équipes connaissent bien les règles. Remplacez aussi les bouteilles en plastiques. Pourquoi ne pas donner un mug comme font les américains, qui peut être lavé. On peut même utiliser des verres en bambou, des assiettes, des fourchettes en bambou qu’on peut recycler. Donc voilà on propose des choses très simples.

    Eteignez vos ordinateurs, et là je ne m’en prends pas seulement à l’industrie du film, quand je passe devant les bureaux tôt le matin ou tard le soir, tout est allumé. Ce n’est pas compliqué, faites-le c’est tout.

    On peut aussi le prévoir dans le contrat. Lorsqu’on a tourné Robin des Bois sur une plage, tout marchait parfaitement, et quelqu’un a pris des moules pour les poser sur la plage, mais elles n’étaient pas une espèce indigène ; si on les avait laissées là, on aurait bouleversé l’écosystème ; c’est comme si on déposait des rennes au beau milieu des Champs Elysées : ce n’est pas possible ! Donc ils ont dû les récupérer et les renvoyer chez elles !

    Catherine Puiseux

    « Le Carbon Clap est un évaluateur carbone. C’est un instrument dont nous sommes fiers parce qu’il est agréable, complètement adapté à la production audiovisuelle, c’est très facile à utiliser pour les professionnels. Il suffit d’entrer des données liées au nombre de kilomètres, au nombre de repas, à la cantine, aux transports, au nombre de kilowatt etc. Et l’on obtient le résultat assez vite.

    Pour faire en sorte que les productions s’impliquent dans cette démarche, nous avons défini quatre étapes : d’abord nous organisons une réunion avec le directeur de production et nous réalisons une évaluation carbone. Deuxième étape : on se réunit, avec l’ensemble de l’équipe ; ensuite un consultant suit l’équipe en studio et à l’extérieur, durant trois ou quatre jours. A la fin on se retrouve tous pour un bilan final. Sur RIS par exemple on a fait le choix de privilégier deux actions spécifiques : sensibiliser les équipes et trier les déchets. »

    Serge Siritzky

    « On en est encore aux expériences, mais des expériences concrètes. On se rend compte qu‘en faisant attention à ne pas gâcher les choses, en fermant l’électricité, en recyclant les produits, on peut réduire très sensiblement les émissions de carbone mais aussi gagner de l’argent parce que tout ce qu’une production jette est considérable. Mais pour l’instant, on ne peut pas encore tirer des chiffres généraux, des méthodologies systématiques. En revanche, on voit bien que par la multiplication de ces expériences, d’ici peu de temps, un ou deux ans maximum, ça va devenir le B.A.-BA de toute production. »

    Yalun Wang

    « Par exemple nous faisons la promotion des entreprises respectueuses de l’environnement : celles qui utilisent des matériaux recyclables ou font des efforts pour la cantine, pour la location de voiture, d’hôtel… Elles offrent une réduction de 5 à 20% ce qui représente un vraie incitation.

    Comme nous avons un site important avec plus de 10 000 visiteurs jours, nous mettons ce genre d’informations régulièrement. Lorsque nous avons de nouveaux partenaires, nous faisons leur promotion. On offre même des cadeaux écologiques, c’est très concret, je vais vous montrer, c’est mieux qu’une photo. Voilà pour réduire le plastique, nous proposons un service de table qu’on offre aux équipes de production quand elles tournent à Taiwan. Il n’y a pas de couteau bien sûr puisque c’est destiné à la nourriture chinoise. Ce sont des baguettes, et il y a une fourchette et une cuillère. Comme c’est en métal, après le repas on peut le laver et le rapporter chez soi. Et je trouve que c’est très esthétique. C’est un cadeau de notre commission. L’année prochaine ce que nous voulons faire, peut être qu’on devrait se faire sponsoriser par Starbucks, c’est offrir le mug pour garder au chaud le café ou le thé. Depuis le début de l’année, tous les cafés offrent de l’eau gratuitement si l’on vient avec son mug. On a déjà atteint le quota de zéro déchets mais on peut faire mieux. Voilà, ça c’est ce qu’on fait en général. »

    Kevin Jennings

    « L’équipe du film Wolverine X men origines avec Hugh Jackman est venue pour filmer dans notre région donc j ‘ai approché la production et je leur ai dit, est ce que ça vous tente que l’on observe ce que vous faites et qu’on l’étudie ? Avec notre étude, ce que l’on a découvert, c’est que dans ma région si vous mettez les déchets aux ordures ça coûte 140 dollars la tonne et si vous le mettez à recycler c’est 40 dollars la tonne. On avait 670 tonnes de déchets. On a recyclé 615 tonnes soit 92% des déchets ; en réalité probablement qu’une partie de ça n est jamais allée au recyclage mais a été réutilisée. Par exemple, il y avait un fermier qui élevait des poulets. Il venait à la fin de la journée, récupérait les restes et les donnait aux poulets.

    A la fin de l’histoire, et c’est une histoire qui finit bien, j’ai eu des nouvelles e l’équipe et regardez c’est l’endroit où a eu lieu l’explosion pour le tournage. Maintenant c’est de nouveau un paysage magnifique et on peut recommencer. »

     

    (vidéo 2) INTERVIEW DE YALUN WANG responsable Europe, commission du film de Taïwan

    « La principale préoccupation des productions n’est pas l’environnement, il est clair que ce n’est pas une priorité car le marché est très rude, très difficile, donc les productions ne veulent pas faire des choses qui coûtent plus cher ou leur prennent du temps. C’est pour cela que notre rôle, comme l’a dit Kevin, c’est de proposer des choses faciles à faire, clés en main et plus créatives, plus innovantes que ce qu’ils peuvent mettre en place, on doit inventer pour eux.

    Par exemple nous faisons la promotion des entreprises respectueuses de l’environnement : celles qui utilisent des matériaux recyclables ou pour la cantine, pour la location de voiture, d’hôtel… Elles offrent une réduction de 5 à 20% ce qui représente un vraie incitation.

    Comme nous avons un site important avec plus de 10 000 visiteurs jours, nous mettons ce genre d’informations régulièrement. Lorsque nous avons de nouveaux partenaires, nous faisons leur promotion. On offre même des cadeaux écologiques, c’est très concret, je vais vous montrer, c’est mieux qu’une photo. Voilà pour réduire le plastique, nous proposons un service de table qu’on offre aux équipes de production quand elles tournent à Taiwan. Il n’y a pas de couteau bien sûr puisque c’est destiné à la nourriture chinoise. Ce sont des baguettes, et il y a une fourchette et une cuillère. Comme c’est en métal, après le repas on peut le laver et le rapporter chez soi. Et je trouve que c’est très esthétique. C’est un cadeau de notre commission.

    L’année prochaine ce que nous voulons faire, peut être qu’on devrait se faire sponsoriser par Starbucks, c’est offrir le mug pour garder au chaud le café ou le thé. Depuis le début de l’année, tous les cafés offrent de l’eau gratuitement si l’on vient avec son mug. On a déjà atteint le quota de zéro déchets mais on peut faire mieux. Voilà, ça c’est ce qu’on fait en général.

    Ça c’est le projet que nous avons lancé et on est très content de le vous le montrer : c’est un vieux quartier de Taiwan, un vieux quartier commerçant. Là c’est en 2005, ça n’a rien de vraiment extraordinaire, ce n’est pas disons suffisamment « sexy » pour attirer de nouveaux commerces, des investisseurs pour rénover, restaurer.

    Qu’avons nous initié ? Et bien la ville a décidé de le restaurer. Ils ont commencé en 2006 et ont terminé en 2008 et ça a coûté 3 millions de dollars. Ils l’on fait pour rendre la ville plus jolie. De notre côté, nous avons convaincu une nouvelle production de s’installer ici plutôt que dans un studio à l’extérieur de la ville. Nous avons fourni toute l’assistance nécessaire, des autorisations, et on a impliqué la population locale dans le tournage. Bien sûr nous avons suivi de près le tournage pour contrôler qu’ils faisaient le tri des déchets, qu’ils travaillaient de manière responsable. Tout au long de la production du film, qui a duré 4 mois, on a publié des informations sur les aspects écologiques de la production, comment ça se passait, etc. Donc sur notre site internet nous avons fait la promotion de ce film. Nous avons aussi montré ce que nous réalisions, nous offrions. Du coup c’était en permanence le buzz autour du film. Finalement le film a été un grand succès, Monga film a été numéro 1 du box office en 2010. Le film a coûté 3 millions de dollars et il a rapporté 6 millions de dollars. Evidemment on ne savait pas que ça marcherait aussi bien et on est très content. Maintenant le quartier est ouvert aux autres productions, aux commerçants ; c’est devenu un quartier chaud, une lieu très tendance alors que c’était « has been ».
    Voilà déjà ce que l’on a réalisé.

    La prochaine étape c’est de construire un studio « vert », aussi durable que possible, avant la fin 2013. Comme on veut qu’il soit aussi respectueux de l’environnement que possible, je suis très contente de collecter et partager des informations sur l’eau, le tri des déchets, les générateurs pour le rendre aussi vert que possible.
    Et enfin, on voudrait recommencer l’expérience de Taiwan avec un autre quartier de Taiwan. Voilà Merci.

     

    (vidéo 3) INTERVIEW DE CATHERINE PUISEUX SUR LA DEMARCHE ECOPROD
    Catherine Puiseux (coordinatrice rse ,TF1) parle au nom du collectif Ecoprod : bref bilan et perspectives.

    En 2007, avec TF1 et le collectif Ecoprod, nous avons mené notre premier bilan carbone et le résultat fut très intéressant. La première source d’émission venait de l’électricité produite par les téléviseurs, ce qui est difficile à éviter. La deuxième source d’émission était liée aux programmes que TF1 achetait. On a alors décidé de développer des outils, des moyens pour les aider à réduire leur emprunte carbone et donc du coup la nôtre.

    Nous avons lancé officiellement Ecoprod en 2009 et nous avons décidé de réaliser une action spécifique par an. La première année nous avons mis en ligne le site web, nous avons développé les fiches pratiques dons je vais vous parler ensuite ; l’année dernière nous avons travaillé sur les questions relatives aux lumières et nous avons créé le calculateur carbone destiné aux productions audiovisuelles, et cette année nous allons sur le terrain pour tester ces outils.

    Les fiches pratiques : alors je crois que c’est la première chose que nous avons mise en place. En fait on a demandé à un consultant d’interroger une centaine de professionnels pour collecter en fait les bonnes pratiques, celles qui étaient déjà mises en œuvre sur le terrain. On a rassemblé ces information dans 8 thèmes : les lumières, transports, maquillage, cantine, etc. Tout a déjà été testé puisque ce sont des choses qui se pratiquent sur les tournages. Bref c’est fait pour partager les bonnes pratiques. Une bonne pratique c’est quelque chose d’efficace, de réalisable et que l’on peut reproduire bien sûr.

    Le Carbon Clap est un évaluateur carbone. C’est un instrument dont nous sommes fiers parce qu’il est agréable, complètement adapté à la production audiovisuelle, c’est très facile à utiliser pour les professionnels. Il suffit d’entrer des données liées au nombre de kilomètres, au nombre de repas, à la cantine, aux transports, au nombre de kilowatt etc. Et l’on obtient le résultat assez vite. Pour faire en sorte que les productions s’impliquent dans cette démarche, nous avons défini quatre étapes :

    D’abord nous organisons une réunion avec le directeur de production pour réaliser une évaluation carbone. Deuxième étape on se réunit, avec l’ensemble de l’équipe, ensuite un consultant suit l’équipe en studio et à l’extérieur, durant trois ou quatre jours. A la fin on se retrouve tous pour un bilan final. Sur RIS par exemple on a fait le choix de privilégier deux actions spécifiques : sensibiliser les équipes et trier les déchets. On a par exemple ici le résultat de l’évaluation carbone de RIS : trajets de l’équipe, transport de matériel, équipements techniques restent les sources principales d’émission de carbone.

    Voici quelques cas de figures exemplaires : nous avons conduit environ une centaine d’évaluations carbone : une heure de consommation télévisée représente 12 tonnes de carbone, le tournage d’un film de fiction en France c’est environ 200 tonnes et organiser un événement comme un concert avec plusieurs artistes internationaux, un public venant d’un peu partout, peut atteindre 1000 tonnes.

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