Extraits vidéos de la conférence
- Présentation globale et témoignages
- Poids carbone de la filière par Carbone 4
- Nouveaux partenaires
- Plan d'actions 2012
- Interview de Lydie Fenech, Directrice du Pôle de compétitivité Nord Parisien (nouveau partenaire Ecoprod)
- Interview de Vassili Meimaris, Responsable Commission du Film Région PCA (nouveau partenaire Ecoprod)
- Interview de Maxime Legris, Délégué aux affaires sociales de la FICAM
- Interview d'Olivier René Veillon, Directeur de la Commission du Film d'Ile de France
Retranscription texte des 8 vidéos
1_ présentation globale et témoignages
Olivier-René Veillon (Directeur de la Commission du Film d’Ile-de-France)
Nous avons démarré en 2008, chacun de notre côté, nous avions engagé des travaux, des études, des bilans carbone. Nous avons progressivement consolidé cette démarche collective en trois phases.
2009 a consisté dans le recueil de l’ensemble des bonnes pratiques et la mise en place du site Ecoprod.com qui est un lieu de partage des expériences et de mobilisation du milieu professionnel.
L'année 2010 a été l’année de mise en place du carbon’ clap, outil fondamental d’accompagnement de la démarche des entreprises du secteur.
Catherine Puiseux (Responsable RSE TF1)
La boite à outil étant constituée, il faut tester sa pertinence sur le terrain . Le travail de 2011 a consisté dans l’accompagnement des productions pour tester ces bonnes pratiques.
Clémence Labbey (Directice de productions France télévisions région Marseille)
Cet été, lors du tournage « la victoire au bout du bâton », co-produit par Achimic films, nous avons essayé sur 23 jours de tournage de mettre en place un tri des déchets sur le terrain. Nous avons fait le choix aussi de faire confiance à une entreprise locale sur Marseille plutôt qu’à un laboratoire parisien pour le développement des rush ce qui a permis de dépenser moins de CO2 en envoi des rush et transports.
Catherine Puiseux (Responsable RSE TF1)
Sur RIS le travail était similaire. Nous avons constaté que la régie faisait un travail sur le tri des déchets : mais il faut qu'on les aide pour installer des bacs jaunes, car ils font un tri mais emmènent leurs sacs. Il y a donc un travail à faire avec les studios sur ce point.
Sur la conception et le tri des décors il y a un travail à faire à l’avenir avec les chefs décorateurs et les studios. Il faudrait essayer de concevoir en amont les décors pour qu’ils puissent être triés à la fin, car actuellement la manière dont les décors sont conçus ne permet pas de faire un tri.
Guillaume Hellouin (PDG Teamto)
Nous avons travaillé à la conception d’un calculateur carbone dédiés à l’animation. Nous sommes entrés dans une démarche scientifique : on a analysé sur plusieurs mois et de manière extrêmement fine, toutes les étapes de notre production. Comme on produit tout en Fance, on est dans une configuration très favorable. Cependant nous avons noté plusieurs postes sur lesquels nous pouvions agir et qui ont un impact sur notre consommation. Par exemple, le fait d’éteindre les ordinateurs en partant, correspond à 15% de nos émissions, car la consommation des ordinateurs est l’un de nos plus gros postes.
Sophie Godefroy (Athénium Films )
Le client souhaitait nous apporter toutes ses télés sur le plateau pour qu’on les filme car il s’agissait d’un tournage sur les nouvelles technologies. Nous avons choisi d’utiliser la 3D et tout a été « virtualisé ». Cela a permis d’éviter des tonnes d’émissions carbone. Ensuite nous avons reçu la marque Envol. Nous sommes la première société de production audiovisuelle à l’avoir. Cela atteste de notre engagement développement durable. Elle est attribuée par l’Ademe.
Au sein de la production, nous avons développé un steadycam volant : un outil écologique développé par Pascal Anquetil et notre directeur technique. C’est un outil qui va libérer la caméra de ses contraintes terrestres.
Le plan de communication : Yann Marchet (responsable communication)
En 2011 nous avons poursuivi nos efforts et continué à communiquer sur la marque Ecoprod et les outils développés ; en particulier, nous avons communiqué sur le Carbon’clap. Nous avons orchestré une communication ciblée dans Le Film Français et le numéro hors-série d’Ecran Total lors du dernier festival de Cannes.
Nous avons assuré la présence d’Ecoprod sur les espaces des partenaires fondateurs lors du MIPCOM ou du festival de Cannes. Tous ces efforts commencent à porter leurs fruits, le Carbon’ clap rencontre un succès certain avec 300 inscrits et 250 bilans carbone pour la première année.
En 2012 nous serons présents au Fipa à Biarritz, au festival du film de l’environnement de la région Ile-de-France, au « Ile-de-France location Expo »…
Olivier-René Veillon Directeur de la Commission du Film d’Ile-de-France
La communication est un travail de tous les instants, elle est limitée par les moyens dont on dispose et qui sont à la meure de notre effort collectif. Mais elle passe aussi par beaucoup de partenariats. On a plus de partenaires qui se profilent en 2012, on aura donc une démultiplication de l’impact qui sera sans doute sensible, mais il faut compter aussi sur les associations professionnelles, les syndicats professionnels, la presse professionnelle, on se réjouit d’ailleurs que Le Film Français soit maintenant partenaire d’Ecoprod; on a aussi des grandes manifestations qui nous ouvrent leurs portes comme le Fipa et j’espère qu’on aura une présence significative dans des grands rendez-vous comme le festival de Cannes, le MIP TV, le MIPCOM, et d’autres.
2_Poids carbone de la filière par Carbone 4
Emmanuelle Paillat Ingénieur Carbone 4
On a compté toute la chaîne de valeur qui permet à l’audiovisuel de faire son chiffre d’affaires : la production des programmes télé, des œuvres cinématographiques , l’activité des chaînes, les émissions liées aux employés et aux distributeurs, le fonctionnement des cinémas, la production de dvd, la diffusion du signal et la fabrication et l’utilisation de la télévision. Tout du berceau à la tombe en somme, pour voir quels sont les postes sur lesquels on doit agir.
Le résultat : on est à 1100 000 tonnes de CO2, l’équivalent de la vie quotidienne annuelle de 110 000 Français.
Le plus gros poste c’est les déplacements des spectateurs au cinéma : 200 millions d’entrées par an, 70% des gens vont au cinéma en voiture (source CNC) soit 350 000 tonnes de co2.
Deuxième poste : c’est l’activité des chaînes de télé. On compte 20 000 salariés avec une vie des bureau classique (chauffages, climatisation) et beaucoup de prestations de service, c’est à dire tout ce qui est sous traité (décors, matériel). Un quart de l’empreinte carbone de l’audiovisuel c’est la fabrication des programmes audiovisuels et cinématographiques. Ce qui compte surtout c‘est le tournage (70% de l’impact), le déplacement en particulier est très lourd ; y a aussi les groupes électrogènes, le fret des matériels électroniques, les achats de décors et de régie. Le développement des rush est très consommateur en énergie. La post production qui dure de 3 à 6 mois est très énergivore aussi et nécessite du matériel électronique important. La production pour le cinéma et la télévision c’est donc ¼ des émissions carbone de l’audiovisuel.
Ensuite, le fonctionnement des cinémas : c’est 8% des émissions. Il y a environ 2500 salles et 10 000 personnes qui y travaillent, donc on a pris en compte le chauffage, la climatisation, les déplacements domicile travail ; mais aussi la diffusion du signal ; l’infrastructure du réseau comme les antennes ;
Les dvd: plusieurs millions pressés par an : c’est du plastique, donc du pétrole.
En tout cela représente donc 1100 0000 tonnes de co2.
La fabrication et l’utilisation de la télévision (8 millions de téléviseurs ont été vendus en 2010) : c’est 90% de l’empreinte carbone, donc 13 millions de tonnes de CO2.
Si l’on compare toutes les filières, l’audiovisuel est assez bien placé, entre la production d’eau potable et les télécoms, des activités peu émettrices en carbone. L’audiovisuel représente 1/600ème de l’empreinte globale de la France.
3_Nouveaux partenaires
Olivier-René Veillon (Directeur de la Commission du Film d’Ile-de-France)
On est très heureux de saluer la présence de Maylis Roque, secrétaire générale du CNC qui me disait que le CNC accompagnerait avec intérêt et de manière active Ecoprod. La participation du CNC est essentielle car il est au contact de tous les producteurs de l’audiovisuel et du cinéma. Il est normal que le CNC via le ministère de la culture soit présent au sein d’Ecoprod puisque d’autres ministères le sont aussi.
Deux nouveaux partenaires qui sont des amis de longue date rejoignent Ecoprod. Ils deviennent des partenaires à part entière. Il s’agit du Pôle nord parisien qui est un cluster consacré au développement de la filière audiovisuelle et cinématographique au nord de Paris et de la Commission du film de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Vassili Meimaris (directeur de la Commission régionale du Film Provence-Alpes-Côte d’Azur)
Cela fait un moment que nous suivons les travaux d’Ecoprod. Nous avons une démarche qui s’appelle Agir en Paca dans le même domaine mais nous savons que nous avons peu de chances d’aboutir à des résultats tangibles si nous restons isolés. Agir est un dispositif de 15 millions d’euros par ans; nous avons déjà aidé 800 projets. Il y a quatre axes obligatoires demandés aux porteurs de projets pour obtenir une aide :
- il faut décrire une stratégie du développement durable en quelques lignes.
- nommer un référent dans le tournage pour parler du dispositif avec nous.
C’est Mathieu Tronquit qui est l’interlocuteur privilégié.
- réaliser un bilan clap
- remplir des relevés d’indicateurs sur le tournage
Lydie Fenech (Directrice du Pôle Nord Parisien)
Le Pôle nord parisien un cluster, cela consiste à réunir les entreprises, les collectivités territoriales, les organismes de recherche et de formation dans un même réseau collaboratif et participatif pour accompagner le développement économique d’une filière, en l’occurrence la filière image sur le territoire du nord parisien, soit la Seine-Saint-Denis et le nord de Paris.
Nous sommes un des quatre leaders européens pour les activités de plateau pour le cinéma et la télévision. Notre cluster regroupe 80 entités dont 60 entreprises, comme TSF, Euro Média, AMP Visual et des organismes de recherche.
En 2012 va s’ouvrir la cité du cinéma.
Notre pôle a pour rôle de créer la synergie entre les acteurs professionnels de notre réseau et la future cité du cinéma dont on espère qu’elle va donner une prospective internationale à notre territoire.
Le deuxième enjeu en 2012 pour Ecoprod, est que, sur notre territoire, est en train de se développer le plus grand campus européen des sciences de l’homme : le campus Condorcet.
Enfin dans le cadre du grand Paris, un projet de cluster d’excellence sur les industries culturelles et créatives à été ciblé sur le territoire autour du carrefour Pleyel et notre pôle est un des pilotes de ce projet.
Nous souhaitons nous engager aux côtés d’Ecoprod avec l’idée de développer un caractère différenciant et qualitatif dans la démarche d’éco responsabilité, un label en quelque sorte.
Nous pensons pouvoir amener les entreprises des plateaux à avoir une démarche d’éco responsabilité avec une chaine qui irait des donneurs d’ordre que sont les chaînes de télévision jusqu’à nos producteurs.
4_Plan d'actions 2012
Marina Ezdiari (Responsable Développement durable Audiens)
Le guide de l’éco tournage qui paraitra courant 2012, va reprendre l’ensemble des bonnes pratiques et recommandations que l’on a collectées à l’échelle internationale.
Ensuite nous allons développer un travail d’animation des réseaux comme twitter et facebook pour que les professionnels puissent échanger plus facilement.
Enfin, nous sentons aussi un besoin des entreprises qui s’engagent d’aller vers une certification. Nous allons engager une réflexion sur la question de la certification ou du label.
Olivier-René Veillon (Directeur de la Commission du Film d’Ile-de-France)
Sur le traitement des déchets, il y a un gros travail à faire avec les lieux où les tournages se déroulent. Cela concerne particulièrement la Commission puisque nous avons vocation à faciliter l’accueil des tournages en Ile-de-France. Et comme nous voulons réduire les transports et faire en sorte que les tournages se passent essentiellement ici, nous devons travailler avec l’ensemble des communes d’Ile-de-France pour qu’elles intègrent une politique d’accueil qui prévoie un volet environnemental et qu’elles assurent les dispositifs nécessaires pour s’articuler bien avec les dispositifs de production.
En chantier pour 2012, nous avons donc un travail à faire sur les studios et sur les sites récurrents pour s'assurer qu’ils sont bien équipés et cela avec la participation des collectivités territoriales qui sont directement concernées.
Les 10 et 11 février, dans le cadre du salon des lieux de tournage à la Cité Universitaire de Paris, se déroulera une table ronde sur l’accueil des tournages verts, avec des témoignages de collectivités locales, des maires et des responsables administratifs, engagés dans cette démarche.
5_Interview de Lydie Fenech, Directrice du Pôle de compétitivité Nord Parisien (nouveau partenaire Ecoprod)
Pourquoi avoir rejoint Ecoprod ?
Nous aussi nous avons des préoccupations de développement durable. La gouvernance du pôle est sensible à la problématique de responsabilité environnementale. D’autre part nous sommes déjà dans un réseau participatif donc nous souhaitons nous associer à des actions collectives, d’autant plus qu’Ecoprod réunit certains des donneurs d’ordre de nos prestataires.
De plus au niveau national et Européen nous sommes contraints de prendre en compte dès maintenant cette responsabilité environnementale. Nous pensons qu’il faut faire partie des prescripteurs et pas des suiveurs qui risquent de subir ces prescriptions de manière rude s’ils ne s’y préparent pas.
Qu’attendez-vous de cette collaboration ?
J’attends de cette collaboration qu’une chaine de responsabilités s’installe. Il faut que les entreprises n'aient pas à assumer seules la chaine de responsabilités, mais qu’il y ait bien un cercle vertueux depuis les donneurs d’ordre que sont les chaînes jusqu’aux producteurs. Ce qui me paraît important dans la démarche c’est non seulement de sensibiliser la filière image à la responsabilité environnementale, mais aussi qu’elle prenne conscience de sa dépendance. Nos industries vont de l’imax au mobile et si tout cela venait à s’éteindre nous serions fortement pénalisés.
6_Interview de Vassili Meimaris, Responsable Commission du Film Région PCA (nouveau partenaire Ecoprod)
Pourquoi avoir intégré Ecoprod ?
On suit Ecoprod depuis le début et comme nous sommes la deuxième région pour les tournages avec l’Ile-de-France, nous avons des relations privilégiées avec la région. C’est un enjeu vital pour nous et nos enfants, il était temps de se mettre à réfléchir et à agir pour infléchir nos processus de fabrication.
Qu’attendez vous du partenariat ?
C’est un espace de réflexion, d’échange, de mise en commun d’expériences très différentes, c’est la mise en place d’outils qui permettront de faire évoluer les choses ; c’est la démarche collaborative qui nous intéresse car seuls, nous n’y arriverons pas. La grande qualité des interventions nous a convaincu aussi car elle nous laisse espérer des résultats rapides et utiles sur l’ensemble de la filière. Bien sûr nous avons peu de marge de manœuvre sur certains points comme la consommation et la fabrication des téléviseurs. Cependant nous avons une équipe qui fait bouger les lignes de manière conséquente.
Quels actions menez-vous?
Nous menons des actions à la marge d’Ecoprod. Depuis deux ans nous attribuons des aides pour que les productions prennent en compte les nouveaux processus de fabrication. On subodore que les aides vont disparaitre et les bonnes pratiques deviendront des critères de sélection. L’idée est d’inciter les professionnels à bouger aujourd’hui pour ne pas être surpris demain.
Ces questions là sont souvent aussi des questions pratiques : les financements ne suffisent pas, il faut aussi accompagner les productions. Nous avons un économe de flux qui a pour mission d’accompagner les porteurs de projets pour qu’ils puissent mettre en pratique les nouveaux processus de fabrication.
En tant que nouveau partenaire, je remarque qu’à travers les travaux d’Ecoprod on voit beaucoup d’intelligence, d’énergie et de volonté d’aboutir. C’est très encourageant.
7_Interview de Maxime Legris, Délégué aux affaires sociales de la FICAM
Nous avons participé avec Ecoprod à la mise en place du projet et continué pour la fédération à faire des bilans carbone et nous reprenons à partir de 2012 une implication plus forte avec Ecoprod pour partager cette démarche et aider nos adhérent à obtenir tous les bénéfices d’une mise en place RSE et d‘une sensibilisation au développement durable.
Quelles sont les actions à venir ?
Je pense qu’il faut mettre en place une sorte de une labellisation. Une certification de la démarche de responsabilité de la branche audiovisuelle pour les prestataires techniques est un point important.
8_Interview de Olivier-René Veillon, Directeur de la Commission du Film d'Ile de France
Ecoprod représente trois ans et demi de travail. Le bilan d’étape de ce 8 décembre nous a permis de prendre la mesure de la mobilisation des professionnels par leur participation active à la réunion et à travers la qualité des questions posées.
Aujourd’hui nous entrons dans une phase nouvelle de travail sur les outils de production. On a commencé un grand chantier sur la lumière que nous allons poursuivre, ainsi que sur les moyens techniques utilisés dans un studio ou lors d’un tournage extérieur. Cela peut consister dans les éléments du décor par exemple mais aussi tout ce qui est mobilisé pour un tournage en général. C’est un travail sur ces matériaux spécifiques que l’on engage pour 2012.
Très concrètement, l’enjeu est de certifier des démarches en terme de prestation. Il s’agit de valoriser des outils qui contribuent de manière significative à la réduction de l'empreinte afin que les producteurs soucieux des enjeux environnementaux puissent choisir des outils qui contribuent à leur démarche. Il faut les aider en amont en travaillant avec les prestataires de manière à certifier les matériels les moins-disant sur le plan environnemental.
Un guide de l’éco tournage est en cours d’élaboration. Il se situe plutôt en synthèse du travail réalisé sur le processus de production et rappelle un certain nombre de règles simples dans l’organisation d’un tournage pour pouvoir mettre en place une démarche conséquente.
Pour conclure sur le bilan d’étape qui a eu lieu au cinéma Le Balzac ce 8 décembre, on peut dire que le retour que l’on a des professionnels est très intéressant. On observe une plus grande implication des professionnels d’une année sur l’autre à travers notamment le degré d’élaboration des questions et le niveau de la participation. On se réjouit beaucoup de constater qu’il y a beaucoup plus de professionnels engagés dans une démarche très élaborée et qui du coup nous font progresser dans la nôtre.



















